Archive journalière pour mai 5, 2011.
Quand tu reçois une convocation de presse pour un événement réunissant Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, disons que tu t’arranges pour trouver le temps d’y aller. C’est ce que j’ai fait ce matin, entre deux textes pour le Voir et la préparation de ma chronique pour Dutrizac. Partant un peu à la pêche, je me suis dit que je pourrais réaliser une ou deux entrevues pour l’émission du weekend à la radio.
Le prétexte : souligner les 35 ans du spectacle 1 fois 5. Le contexte: quelques jours après l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire et de la défaite du Bloc (dans cet ordre ou l’inverse). Vous imaginez bien que je ne suis pas la seule journaliste qui a fait le lien entre la présence de ces souverainistes notoires et le passage de la province sous des cieux plus orangés.
Et puis M. Vigneault comment vous sentez-vous en ce lendemain d’élection? «Je vais très bien, beaucoup mieux que certains députés élus et je vais encore mieux que certains députés battus. »
Et vous M. Deschamps? «Je ne suis pas bouleversé par des élections. Les choses arrivent et on doit faire avec.»
Et vous M. Charlebois «Je ne parle pas de politique avec les journalistes, j’ai été trop mal cité souvent» (Promis, ce sont ses paroles intégrales)
Hmmmm. Je veux pas être morose, mais ça sentait un brin le cynisme. Malgré leur évident déplaisir à parler de la chose, j’ai demandé comment ils expliquaient le silence des artistes dans cette campagne. C’est Yvon Deschamps qui a sorti le morceau:
«Je ne devrais peut-être pas dire ça, mais je vais le dire pareil. Les artistes n’ont pas parlé parce qu’ils sont en général souverainistes et on sentait tous que c’était la fin du Bloc, alors tout le monde s’est fermé la boîte. C’est terrible mais il était temps qu’on passe à autre chose. La souveraineté va se faire à Québec. Regardez-moi, je suis un souverainiste, mais j’ai pas voté pour le Bloc. C’est clair, donc j’étais pas tout seul»
Monsieur Charlebois, qui ne parle pas politique avec les journalistes qui le citent mal, m’a quand même dit : «J’ai déjà été appelé par des politiciens pour aller parader avec eux et j’ai dit non. Aucun artiste, aucun joueur de hockey ne devrait le faire. Ce serait prétentieux de prétendre que sous prétexte que je vais me pointer à côté d’un autre, tous les gens qui m’aiment vont voter comme moi. C’est de la prétention.»
Quand à Gilles Vigneault, il a ajouté ces sages paroles : « C’est toujours compliqué de se prononcer en politique, ce l’est encore plus quand on a gagné que lorsqu’on a perdu. Et il ne faut pas oublier que se prononcer après, c’est facile. C’est se prononcer pendant qui est de l’ouvrage.»
Il a conclu dans un éclat de rire : «C’est très amusant de voir tous les journaux anglophones dire que le mouvent souverainiste est terminé maintenant. Ça c’est intéressant!»
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Voilà, c’est l’essentiel de ce que j’avais envie de vous partager. Je dois dire qu’il y a aussi une certaine lassitude qui m’habitait à la fin de ce point de presse, mais ça fera l’objet d’un autre texte. Faut parfois laisser les idées se placer par elle-même.

