Archive mensuelle pour mai 2011.

Question de pouvoir cocher la catégorie voyage de mon blogue pour la troisième fois depuis sa création, je reviens tout juste d’un séjour de 5 jours à Cancun, Mexique. La chaîne espagnole Melia recevait un groupe de médias québécois afin de propager sa bonne nouvelle: Cancun, c’est beau en titi (slogan de mon crû)! Et si vous aimez le traitement 5 étoiles, vous allez être royalement servi, trois fois plutôt qu’une.

Dès le mois novembre, la Playa del Carmen sera plus riche d’un hôtel de 859 suites, le Paradisus, qui est en cours de construction. J’ai pu visité l’impressionnant chantier muni d’un casque protecteur et de beaucoup d’imagination. Les travaux sont loin d’être terminé, mais on pouvait déjà rêver de vacances paradisiaques avec une vue magnifique sur la mer des caraïbes et les «swim-up suites» dont le balcon donnera directement dans la piscine! Conseil de pro, dans les premières semaines d’ouverture, les resorts sont habituellement beaucoup plus abordables… Envie de soleil cet automne?

Le Paradisus en devenir....

À défaut de pouvoir tester le Paradisus, j’ai séjourné aux deux autres hôtels de la chaîne Melia directement à Cancun, à seulement 20 minutes de l’aéroport. C’est là que j’ai pu visité l’un des plus beaux spas intérieurs de ma courte (mais remplie en terme de spas) vie, celui du Gran Melia.

Je sais qu’habituellement, on se base d’abord sur la qualité de la plage ou des chambres pour juger un hôtel, mais croyez-moi, si vous frappez un jour de pluie, vous serez ravis d’être au Gran Melia. Au delà de la qualité des massages, l’attention accordée à l’aromathérapie et aux milliers d’autres petits détails vaut le détour. Le YIH spa est d’ailleurs ouvert au grand public et non seulement aux clients de l’hôtel… si vous passez par là! Outre le spa, la décoration végétale fournie, l’excellente cuisine mexicaine (oubliez les burritos!) et la grandeur des suites (même la plus petite des chambres standards est spacieuse) font la renommée de l’hôtel, qui dispose aussi d’un terrain de golf 9 trous.

Le meilleur pour la fin… le coup de coeur de mon voyage, c’est la découverte du concept Me, by Melia. Il existe quatre hôtels Me en ce moment: à Barcelone, Madrid, Los Cabos et Cancun.  Nouvelle génération de tout inclus, on parle d’un hotel axé sur l’art contemporain, la musique et l’expérience unique que doit être un voyage.  Souper sur la plage, soirée cinéma dans la chambre ou dégustation de tequila, chaque client est traité comme un roi, selon ses désirs. Mini-Ibiza en devenir, le Me de Cancun est le repère idéal pour les amateurs de musique et reçoit fréquemment des DJ d’envergure internationale. Le bar Rose est simplement magnifique et se métamorphose selon l’ambiance recherchée (fashion show, mariage, etc!)

Anecdote: Mourad, le manager de l’hôtel, a grandi au Québec et compte organiser un weekend avec des DJ canadiens cet automne. Ce que j’aime du Me, c’est que l’endroit est aussi fréquenté par la faune locale qui peut venir souper à l’un des restos ou simplement passer la soirée au bar!

Autre attrait si vous passez par Cancun ou Riviera Maya : le Parc Xhe-La vaut le détour. Il s’agit d’un parc d’attraction aquatique naturel et écologique sans équivalent québécois (mon conjoint dit que c’est comme un parc Omega mais en plus le fun, mais je ne sais pas si la référence touvre vraiment un écho…). En Maya, Xhe-La veut dire eau mixte, comme la réserve écologique est située au point de rencontre de la mer et d’une rivière.

J’ai rarement vu une entreprise privée être aussi soucieuse de l’environnement! Dès notre arrivée, on nous a interdit d’utiliser notre crème solaire trop chimique qui contaminerait l’eau. Le parc fournit sa propre crème solaire écolo! Par la suite, chaque visiteur plante un arbre avant d’entreprendre sa visite.


Chaque visiteur choisit la façon dont il occupe sa journée. Il y a plusieurs sentiers pédestres sur lesquels on croise tantôt une grotte, tantôt une corde à tarzan ou juste un rocher duquel on peut se lancer à l’eau. Le snorkeling est génial et s’étend sur une longue portion de la rivière, mais les plus paresseux choisissent plutôt de se laisser porter par le courant sur une trippe.

Recommandations en vrac (utile au Mexique comme dans toutes vos autres destinations)

Si quelqu’un prend une photo de vous dans une piscine, assurez-vous que ses jambes ne flottent pas à l’avant-plan. Ça vole le show.

Photographe bien intentionné #1

Si quelqu’un rempli de bonnes intentions que vous ne connaissez pas se propose comme photographe, il se peut que le résultat ne soit pas au point.

Crédit : photographe de l'ombre (aussi connu comme photographe bien intentionné #2)

Si vous assistez à un mariage de gens riches sur la plage, il se peut par la suite que votre propre mariage ne soit jamais à la hauteur.

Photographe qui n'est pas à la hauteur de tout l'argent qui été investi 10 étages plus bas.

L’invitation était alléchante. Une compagnie théâtrale qui adapte le discours que Barack Obama a prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008,  ce fameux discours sur les tensions raciales, le tout traduit dans la langue de la loi 101 en plus! J’étais probablement déjà conquise par l’idée avant même de voir le résultat final à l’Espace Libre. Heureusement, mes attentes ont été plus que comblées.

Pour  la petite histoire et notre faculté qui oublie, le réseau ABC a diffusé en mars 2008 des extraits d’un discours de l’ancien pasteur de Barack Obama, Jeremiah Wright, alors qu’il tenait des propos offensants sur les attentats du 11 septembre 2001. Une tempête médiatique sans issue se dessinant devant lui, Barack Obama se réfugie à Chicago pendant 5 jours avant de prononcer ce discours qu’il aurait écrit au cours de deux nuits blanches. Rest is history. Et maintenant, rest is dramaturgie.

Le metteur en scène José Pliya a eu l’idée de faire lire ce discours d’une quarantaine de minutes par un acteur, le transformant du coup en un acte théâtral. Outre la puissance du texte, la principale force De la race en Amérique, c’est qu’on ne tente à aucun moment d’imiter Barack Obama ni même de s’inspirer de son débit si caractéristique. Le texte est lu avec une sobriété exemplaire.  La narration nous permet simplement de s’attarder à l’intelligence du propos, sans flafla ni projection 3D à l’arrière, ni musique à la roi lion (*toutes allusions à la vidéo du Plan Nord n’est que fortuite!).

On se retrouve donc face à ce discours qui trace le portrait des tensions raciales, qui prend le temps  d’expliquer la colère ressentie par la communauté noire et le ressentiment des blancs qui ne sont pas responsables de l’esclavage qui a eu lieu antérieurement. Au passage, il est question de la grand-mère blanche de Barack Obama qui a déjà tenu des propos xénophobes devant lui. Tout ça dans une logique implacable, tel un avocat qui tente de faire la présentation de toutes les pièces à conviction dans un procès devant jury. Essayer de résumer ce discours est d’ailleurs un excercice périlleux que j’arrête ici.

Après la présentation De la race en Amérique, les spectateurs échangent avec le comédien Éric Delor sur le contenu du texte, mais aussi sur la résonnance qu’il a hors des États-Unis.  Comme la pièce a été présentée autant au Bénin qu’en France, vous imaginez bien que la réception du texte est différente d’une nation à l’autre. Lors de la présentation à laquelle j’ai assisté, certains ont suggéré que la tension raciale pourrait ici être remplacée par la tension linguistique. D’autres ont fait le parrallèle entre l’esclavage des noirs et la situation des première nations au Québec.

Personnellement, ce que je retiens de ce discours, c’est le triomphe de la pédagogie sur la démagogie. Le respect de l’intelligence de l’auditeur. J’admire le fait que Barack Obama ait confiance en la capacité de réfléchir de son auditoire.

Le Président des États-Unis demeure malgré tout un politicien, très habile, qui avait un objectif précis en écrivant ce discours. Mais cet «opportunisme» ne me dérange pas. Je n’attends pas un messie, juste un politicien qui respecte assez son auditoire pour oser lui parler de sujets chauds, plutôt que de les esquiver (toutes allusions à Stephen Harper n’est que fortuite).

Quant à la survie de ce texte via le théâtre, je lève mon chapeau à la compagnie La Caravelle DPI et j’espère qu’il y aura des supplémentaires. Parce qu’il ne reste plus que 4 représentations jusqu’à samedi!

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Je me demande si le même genre d’exercice pourrait être fait avec d’autres discours importants. Par exemple, est-ce qu’un texte de René Lévesque pourrait ainsi être repris? Je trouve qu’il y a là un filon de théâtre documentaire très intéressant.

De tous les articles que j’ai publié ici, celui-ci est le plus vrai. Le plus proche de moi. #NOT

Est-ce moi ou la phrase : «c’est le ________ (choisir le mot : disque, livre, film, bottin téléphonique) qui me ressemble le plus de toute ma carrière» est vraiment de plus en plus dure à avaler?

Quand j’entends un artiste (dans toute sa bonne foi) dire cela, je ne peux m’empêcher de penser à une réclame publicitaire : «Ce détergent lave plus blanc que blanc, encore mieux que l’original.» OK, alors quand j’achetais ta marque avant, je me faisais avoir?!?

Je suis très heureuse qu’un artiste assume son produit et soit fier de le présenter. Mais si tu es capable de me dire que cette fois-ci c’est ton meilleur disque, j’aurais aimé que tu aies eu le guts de me dire lors du lancement de ton dernier album que tu n’étais pas vraiment sûr que c’était une oeuvre à ton image. Que tu doutais d’avoir un bon disque entre les mains. Malheureusement, il y a bien des chances qu’à ce moment, tu (toujours toi l’Artiste en général) m’aies plutôt dit que c’était «l’album de la maturité» et que tu en étais très fier.

Je comprends que chaque artiste doit jouer le jeu du battage médiatique pré-lancement et qu’il faut parfois se butter aux questions répétitives des journalistes. Mais un peu moins de langue de bois serait vraiment bienvenu.

Je pense à un Fred Pellerin qui est toujours authentique dans ses réponses et qui a réussi à vendre 131 000 copies de son album.

J’espère sincèrement qu’il ne me dira pas que son prochain album (attendu cet automne) est celui qui lui ressemble le plus. Ce n’est pas son genre de pléonasme.

Petit souvenir au lancement de Silence de Fred Pellerin

Quand tu reçois une convocation de presse pour un événement réunissant Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, disons que tu t’arranges pour trouver le temps d’y aller. C’est ce que j’ai fait ce matin, entre deux textes pour le Voir et la préparation de ma chronique pour Dutrizac. Partant un peu à la pêche, je me suis dit que je pourrais réaliser une ou deux entrevues pour l’émission du weekend à la radio.

Le prétexte : souligner les 35 ans du spectacle 1 fois 5. Le contexte: quelques jours après l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire et de la défaite du Bloc (dans cet ordre ou l’inverse). Vous imaginez bien que je ne suis pas la seule journaliste qui a fait le lien entre la présence de ces souverainistes notoires et le passage de la province sous des cieux plus orangés.

Et puis M. Vigneault comment vous sentez-vous en ce lendemain d’élection? «Je vais très bien, beaucoup mieux que certains députés élus et je vais encore mieux que certains députés battus. »

Et vous M. Deschamps? «Je ne suis pas bouleversé par des élections. Les choses arrivent et on doit faire avec.»

Et vous M. Charlebois «Je ne parle pas de politique avec les journalistes, j’ai été trop mal cité souvent» (Promis, ce sont ses paroles intégrales)

Hmmmm. Je veux pas être morose, mais ça sentait un brin le cynisme.  Malgré leur évident déplaisir à parler de la chose, j’ai demandé comment ils expliquaient le silence des artistes dans cette campagne. C’est Yvon Deschamps qui a sorti le morceau:

«Je ne devrais peut-être pas dire ça, mais je vais le dire pareil. Les artistes n’ont pas parlé parce qu’ils sont en général souverainistes et on sentait tous que c’était la fin du Bloc, alors tout le monde s’est fermé la boîte. C’est terrible mais il était temps qu’on passe à autre chose. La souveraineté va se faire à Québec. Regardez-moi, je suis un souverainiste, mais j’ai pas voté pour le Bloc. C’est clair, donc j’étais pas tout seul»

Monsieur Charlebois, qui ne parle pas politique avec les journalistes qui le citent mal, m’a quand même dit : «J’ai déjà été appelé par des politiciens pour aller parader avec eux et j’ai dit non. Aucun artiste, aucun joueur de hockey ne devrait le faire. Ce serait prétentieux de prétendre que sous prétexte que je vais me pointer à côté d’un autre, tous les gens qui m’aiment vont voter comme moi. C’est de la prétention.»

Quand à Gilles Vigneault, il a ajouté ces sages paroles : « C’est toujours compliqué de se prononcer en politique, ce l’est encore plus quand on a gagné que lorsqu’on a perdu. Et il ne faut pas oublier que se prononcer après, c’est facile. C’est se prononcer pendant qui est de l’ouvrage.»

Il a conclu dans un éclat de rire : «C’est très amusant de voir tous les journaux anglophones dire que le mouvent souverainiste est terminé maintenant. Ça c’est intéressant!»

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Voilà, c’est l’essentiel de ce que j’avais envie de vous partager. Je dois dire qu’il y a aussi une certaine lassitude qui m’habitait à la fin de ce point de presse, mais ça fera l’objet d’un autre texte. Faut parfois laisser les idées se placer par elle-même.

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