Archive mensuelle pour juin 2010.
Prima Donna: personne vaniteuse ou égocentrique mais dont on ne peut se passer.
Rares sont les artistes qui interdisent les applaudissement durant leur concert. Nombreux sont ceux qui s’abreuvent plutôt de cette manifestion d’amour du public. Pas Rufus Wainwright. Comme un enfant donnant son concerto devant une rangée de jouets et de poupées, le chanteur nous a confiné au rôle de spectateur muet pendant la première partie de son spectacle au Théâtre Saint-Denis. Pendant 50 minutes, il a recréé l’intégral de son dernier album sur scène. Après le concert sur disque, voici le disque en concert. Si le premier se prête mieux à l’exercice que le second, je ne peux malgré tout qu’admirer le courage de Rufus. Surtout qu’il nous a récompensé en deuxième partie en nous grâciant de la présence de sa sublime soeur, Martha Wainwright.
À défaut d’avoir pu immortaliser ce duo à Montréal, voici une video d’archives où ils entonnent le classique Hallelujah.
Je suis davantage une fan de documentaire que de soccer. Pour dire vrai, Diego Maradona, Maurice Richard des Argentins, aurait pu passer à côté de moi sans même que je sache qui il est. Un blasphème probablement passible d’une peine sévère par l’Église Maradonnienne que l’on découvre avec amusement dans le documentaire Maradona by Kusturica. Le réalisateur serbe Emir Kusturica présente l’homme derrière le Dieu du soccer en Argentine. Une vision un brin complaisante (on sent que Kusturica a le numéro 10 tatoué sur le coeur) mais intéressante malgré tout.
Le joueur de soccer est dépeint comme un révolutionnaire digne héritier des Che et autres Castro. L’issu d’un match de foot aurait ainsi le même impact sur le moral d’un peuple qu’une victoire à la guerre. Une analogie qui se défend, mais qui reste un peu superficielle à travers une poignée de déclarations anti-américaines. Le personnage de Diego Maradona devient à mon avis beaucoup plus intéressant quand il parle de son passé de cocaïnomane et du tort qu’il s’est causé à lui-même.
Parmi les moments les plus touchants du film, la première écoute de la chanson que son ami Manu Chao lui a dédié sur son album La Radiolina.
Horaire de Maradona by Kusturica
En DVD le 17 août 2010.
Aussi péjoratif peut-il paraître, le titre de cet article relève davantage d’une constatation que d’une prise de position. Après la comédie musicale réjouissante adaptée par René-Richard Cyr, la pièce «Les Belles-Soeurs» est encore en vedette, cette fois sous forme d’exposition, à l’Espace Création Loto-Québec. D’entrée de jeu (pas compulsif), je dois dire que j’ai été charmée par cette nouvelle initiative entourant la pièce de théâtre québécoise la plus jouée à travers le monde. En précisant le contexte historique dans laquelle l’oeuvre a été créée, on ne peut qu’apprécier davantage les nombreuses photos, affiches et documents qui sont exposés. Durant la seule année 1968, le Parti Québécois a vu le jour, la loi sur le divorce a été adoptée, la première clinique d’avortement a ouvert ses portes à Montréal pendant qu’Yvon Deschamps créait L’Ostidshow et que Radio-Canada diffusait un premier Bye Bye. Difficile de ne pas ressentir une pointe de jalousie devant autant d’effervescence. Surtout quand on pense que Tremblay n’avait que 23 ans lorsqu’il a couché son idée sur papier.
Cette énergie canalisée à travers la voix de 15 femmes a su voyager de par le monde comme en témoignent les nombreuses affiches des adaptations en Roumanie, en Thaïlande et dans une vingtaine d’autres pays. Un angle qui avait déjà été couvert dans l’excellent documentaire « Entre les mains de Michel Tremblay » d’Adrian Wills, mais qui me sidère toujours autant. Quel mystère que la pièce la plus typique de notre terroir soit aussi la plus universelle.
Le petit voyage dans le temps (gratuit, en passant) que nous offre l’exposition est aussi ludique qu’instructif. Personnellement, c’est une réconciliation avec cette oeuvre qui s’est scellée. J’ai longtemps déploré la surexposition des pièces de Tremblay quand vient le temps de parler théâtre québécois, surtout à l’école secondaire. L’arbre qui cachait la forêt à mon avis, tant d’autres créateurs méritaient la même tribune. Michel Tremblay lui-même me confiait lors d’une entrevue pour ARTV avoir déjà perçu les Belles-Soeurs comme un boulet, comme si leur succès éclipsait ses autres pièces. Mais avec le recul, on ne peut finalement que se réjouir de ce «sucess story» qui prouve sa légitimité par la réaction chaleureuse du public à la fin de chacune des représentations.
La comédienne Guylaine Tremblay a aussi partagé une réflexion que je trouve très pertinente sur le sujet « Il y a quarante ans, le joual a pris toute la place dans le spectacle. C’était tellement nouveau, tellement incroyable d’entendre ça que ça monopolisait toute l’attention. Avec la comédie musicale, c’est comme si on pouvait enfin découvrir ces personnages-là sans filtre. On peut aller au bout de leurs rêves et de leur colère. »
À venir, topo Rendez-Vous ARTV
Recherche ciné-parc offrant le programme double Le Baiser du Barbu + Histoire de jouets 3. Mais comme je doute de la faisabilité de cette option, voici les liens vers mes chroniques radio sur chacun des films. À vous de faire votre choix, je me libère de toutes responsabilités!
Manifestation touristique de renom subventionnée ou pas, bracelet Francofou au poignet ou pas, j’espère que vous profitez des festivals extérieurs de Montréal. J’espère surtout que chacun de nous est conscient de la chance d’avoir un centre-ville aussi animé dans lequel on peut réunir 200 000 personnes sans incidents majeurs ou dramatiques.
Ok, je sens déjà votre doigt glisser sur la souris, prêt à cliquer pour la prochaine page. Je crois comme vous qu’il serait beaucoup plus drôle de faire un article sur les nombreuses rues en réparation «Le plus gros festival à Montréal ? Bah, c’est celui de la construction !» Aujourd’hui, je laisse la répartie cynique à d’autres pour reprendre le flambeau des jovialistes. C’est pas Imagine de John Lennon, mais je fais ce que je peux.
Chaque été, c’est la même chose. J’ai beau me coucher à minuit et me lever 4 heures plus tard, j’ai le sourire collé aux lèvres dès que je mets les pieds sur la Place des festivals. Évanoui, le syndrome d’agoraphobie anticipée. Disparue, l’envie de rester dans le confort de mon salon. Chaque fois, je ne regrette pas le coup de pied imaginaire que je me suis foutue au derrière.
Difficile de décrire le sentiment éprouvé quand je vois des milliers de personnes réunies devant une même scène. Une très douce euphorie ? Une légère dose d’adrénaline ? Un grand coup d’émotion ? La gratitude d’être là? Un peu de tout ça à la fois. Je souris quand je pense que certains touristes repartent d’ici en se disant que Montréal est une ville piétionnière avec des shows à tous les coins de rue. La Grande Séduction à notre échelle.
Je n’ai jamais rempli une demande de subvention au fédéral. Je suis malgré tout convaincue que la case «atmosphère rassembleuse et unificatrice d’un peuple» ne figure pas sur le formulaire. J’imagine que ça n’a pas de prix. Ce qui ne signifie pas que ça n’a pas de valeur. Il faudrait juste s’en rendre compte plutôt que de le prendre pour acquis
Je ne sais pas si je serai un jour blasée de cette image. Mais en attendant, mon souhait le plus cher est de transmettre cette envie de prendre part à des événements culturels pour se les approprier. La prochaine fois que vous hésitez à sortir, je vous envoie un coup de pied imaginaire au derrière.
S’il y a un film envers lequel il est obligatoire d’avoir une opinion, c’est bien Les amour imaginaires de Xavier Dolan. Et il faut se ranger promptement dans l’une ou l’autre des catégories. Si tu as le malheur de peser tes mots ou d’hésiter pendant ta critique, c’est parce que tu ne veux pas avouer que tu n’as pas aimé ça. Si au contraire, tu dis rapidement que tu as apprécié, tu manques visiblement d’esprit critique!
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C’est un art critiquer Dolan. Pas par peur de représailles du réalisateur (il me semble être un garçon assez intelligent et posé). Non, la véritable pression, elle vient du spectateur. Celui qui a peur de perdre une heure et demie de sa vie dans une salle de cinéma… d’auteur! Je comprends, l’offre est grande et le temps consacré au divertissement, plus rare. Mais sincèrement. Si le film était véritablement décevant, vous croyez vraiment qu’on se gênerait pour le dire? L’âge des ténèbres, ça sonne une cloche?
Certains reprochent l’attention accordée à Dolan dans les médias. Paradoxalement, la première question qu’on me pose ces temps-ci, c’est à savoir si son film est bon ou non. Cela démontre qu’on passe finalement plus de temps à parler de Xavier et son âge ou Xavier et ses aventures à Cannes qu’à parler du film de Xavier en tant que tel. Et visiblement, ça, ça intéresse les gens.
Alors…«J’ai tu aimé ça le film de Xavier Dolan ?» Oui. Les amours imaginaires est un film qui propose un regard cinglant sur les romans d’amour épiques qu’on se crée dans notre tête. Étant tantôt aussi mélangé que les deux personnages de Marie et Francis face à l’orientation sexuelle de leur adonis Nico, on se permet aussi de juger leurs idioties, comme quoi il est toujours plus facile de voir clair en amour quand on est spectateur. Non, le scénario n’est pas très touffu, mais c’est aussi l’intention de Dolan. Point de vue réalisation, il a acquis beaucoup d’assurance. J’apprécie particulièrement la recherche au niveau des cadrages. Une discussion s’imposerait toutefois sur la justification de chacun des ralentis, à mon avis, trop présents dans le film. Mais par-dessus tout, j’ai aimé la distribution des Amours Imaginaires avec, Dieu merci, de nouveaux visages!
Voici ma tentative de critique à Dutrizac L’après-midi au 98.5 FM (à 11 min. 30)
PS. Si vous doutez malgré tout, les mardis à 5 $ sont là pour ça !
Je ne sais pas si Martine est déjà allée à la pêche, mais je lui recommanderais n’importe quand! J’ai eu le plaisir de participer à un voyage de presse organisé par l’office de tourisme de Lake Placid-Adirondack (ouais, j’ai choisi d’être dans la catégorie blogueuse-transparente-qui-cite-l’origine-de-l’article). La thématique du séjour : voyage de pêche entre filles! Aussi «Sex and the city en exil» soit cette idée, je vous avoue qu’il y a une profondeur intéressante dans le concept de réunir des femmes pour pratiquer un sport a priori masculin. À la base de cette réflexion, ma rencontre avec Nancy Murphy, propriétaire de la boutique Fly Shop à Wilmington.
Ce petit bout de femme dynamique vaut le voyage à elle seule! Ancienne consultante en marketing, elle s’est initiée à la pêche à la mouche il y a 14 ans pour accompagner son amoureux de l’époque. L’homme a pris le bord, mais la pêche est devenue sa principale passion! Elle participe à des week-ends de pêche pour les femmes atteintes de cancer du sein et elle envoie des trousses aux militaires alités en Afghanistan pour qu’ils puissent se distraire en assemblant des mouches pour la pêche. Elle a tout plein d’histoires touchantes et une philosophie de vie inspirante. Bref, nous sommes toutes tombées sous le charme!
Parlons pêche à la mouche maintenant! L’idéal pour acquérir la technique parfaite, c’est d’abord de se pratiquer hors rivière. C’est ce que nous avons fait pendant une heure sur le terrain devant notre motel de pêcheur (malheureusement pas de photos, mais croyez moi, c’était épique). Une fois les rudiments de base acquis, c’est l’heure de l’essayage de la fameuse salopette imperméable qui nous permet de s’enfoncer jusqu’au milieu de la rivière. Moi qui s’attendais à un modèle ample, je me suis retrouvée dans une combinaison tellement serrée que c’en était presque sexy! Un peu de difficulté à plier les genoux, mais bon, il faut faire des sacrifices pour le look, en espérant que l’habit fera le moine.
Direction rivière Au Sable pour taquiner le poisson. Juste le sentiment de s’enfoncer dans l’eau est agréable. Une fois installé dans une position rappelant la stabilité (le courant est étonnamment fort), on jette la ligne à l’eau et d’habitude, on attend. Dans mon cas, je pense que la truite a sauté dans les airs pour attraper ma mouche avant même que je ne sois consciente de ce qui se passait. Si la pêche était un concours de vitesse, pour une fois j’aurais gagné! Déjà ma première histoire de pêche…

Le truc, c'est de tenir le poisson près de l'objectif pour qu'il ait l'air plus gros. Paraît que ça fonctionne...
Dans cette portion de la rivière, on pratique le « catch and release », c’est-à-dire que j’ai dû remettre ma prise à l’eau. On s’entend pour dire que de toute façon, ce n’est pas avec ce poisson que j’aurais été rassasiée. J’ai par la suite pratiqué le «no catch no release», c’est à dire que ça n’a pas mordu pantoute! Honnêtement, j’ai quand même eu beaucoup de plaisir à pratiquer mon lancer et à être (attention…) en HARMONIE AVEC LA NATURE! Ça y est, je suis journaliste plein air.
Ce qui est génial dans la région de Lake Placid, c’est qu’en plus de la rivière et des lacs, il y a les Adirondacks. Pour une vue spectaculaire à 2 h 15 de Montréal, ça vaut le détour. Nous sommes allés au sommet du mont Whiteface en voiture, mais comme disait une de mes collègues rédactrice de Géo Plein Air «Un sommet, ça se mérite!» Je me promets de le refaire à pied.
Dans la catégorie «paysage inspirant», la rivière Au Sable ne donne pas sa place. Il y a le High Falls Gorge, une portion aménagée et payante.
Mais vous pouvez aussi emprunter des sentiers pédestres sans frais plus loin aux abords de la rivière si vous êtes du genre «une chute ou une autre, ça reste une chute».
Hôtesse des Jeux Olympiques à deux reprises et d’un triathlon IronMan tous les ans, Lake Placid est définitivement une ville pour les gens actifs. Genre de place où tu te sens coupable de ne pas faire de jogging… Un petit côté West Coast à la Vancouver!
Où apprendre à pêcher? Le Hungry Trout Resort loue l’équipement et les services d’un guide qui vous mènera aux meilleurs «spots» de la rivière.
Où dormir? Le Hungry Trout dispose d’un motel. Pour un peu plus de confort, le Ledge Rock face au mont de ski Whiteface est une meilleure option. Pour encore plus de confort, le Mirror Lake Inn est situé au coeur du «centre-ville» de Lake Placid. Et pour une expérience touristique vraiment trippante, le Whiteface Lodge est sans contredit le plus bel hôtel du coin.
Où manger? Le restaurant Hungry Trout vaut vraiment le détour pour des plats de truite succulents. Le restaurant Générations au bord du Lac Mirror est intéressant de par la philosophie environnementale du proprio.
Bientôt, un article dans le journal Voir et chronique au 98,5FM.
Je ne suis pas sportive. La seule activité physique que je pratique, c’est le Bixi. Et comme c’est d’abord un moyen de déplacement, la société ne m’inclut pas dans la catégorie des sportives. Je vie bien avec cette étiquette. Pourtant, lors d’un remue-méninge avec la rédactrice de la section Mode de Vie au Voir, je me suis surprise à lancer l’idée d’un tour de l’île à Bixi! Pour me prouver que je suis une fille active? Pour réhabiliter le Bixi à titre de sport? Je ne sais trop. Mais j’ai eu bien du fun! En prime, je vous offre un extra de mon shooting photo post Mondial des bières avec le talentueux Philippe Saint-Jean.
À lire: L’article publié dans le Voir du 10 juin.
Suggestion musicale (mais pas en même temps que vous conduisez un bixi parce que c’est illégal… amende de 52$!)
À ma grande surprise, j’ai vraiment beaucoup aimé Les Misérables. 2h35 assise à ma faire chanter des drames n’entre pas habituellement dans ma définition de moment de plaisir! Mais la principale qualité de cette production, c’est qu’elle a les moyens de ses ambitions. Des dizaines de chanteurs qui occupent toute la scène, une scénographie appuyé par de belles projections et un orchestre live, là tu parles! Jusqu’au 19 juin, à la salle Wilfrid Pelletier.
J’en parle avec Dutrizac au 98,5FM.
«Oneguéguéguéguénanananana» pada pada pada… je pourrais continuer encore longtemps à transformer ce blogue en karaoké de fortune des plus grands succès de Michel Fugain! La bonne nouvelle pour les fans, c’est que le Big Bazar est de retour dans une nouvelle mouture au Théâtre Saint-Denis 2 jusqu’au 19 juin. La moins bonne nouvelle, c’est que malgré les 37 ans qui nous séparent de la version originale, le spectacle n’est pas propulsé à une autre dimension, si bien qu’on doit se satisfaire de réentendre les chansons les plus connues sans espérer une mise en scène ou des chorégraphies spectaculaires. Une fois bien averti, la comédie musicale vaut malgré tout le déplacement si vous appréciez les airs comme «C’est la fête», «Fais comme l’oiseau», «Bravo Monsieur le mondeB»… et j’en passe!
Coup de coeur: Marc-Antoine Larche est génial dans le rôle du Petit Homme.
Plus grande déception: La chanson Le petit homme interprétée par Sophie Vaillancourt sans aucune mise en scène ou punch pour accompagner l’air entraînant. Même mon spectacle de chorale au primaire avait une meilleur chorégraphie.
Deuxième plus grande déception: L’absence de LMDS sur la chanson C’est un beau roman.
Des extraits musicaux demain à Dutrizac l’après-midi au 98,5 FM , 14h30.






















