Il y a une nouvelle catégorie à la Soirée des prix Jutra. Et non je ne parle pas du film s’étant le plus illustré à l’étranger, mais plutôt de la catégorie «Moi je l’aurais mis là».  Catégorie assez pêle-mêle qui varie d’une personne à l’autre, selon les coups de coeur vécu au gré de cette année cinématographique, mais qui ne contiendra jamais le film French Immersion.

Dans la catégorie «Moi je l’aurais mis là», les nommés sont:

En Terrains Connus: Le réalisateur Stéphane Lafleur a remporté tous les honneurs aux derniers Jutra avec Continental un film sans fusil (meilleur film, réalisateur, scénario, acteur de soutien Réal Bossé). Rien n’empêche à un gars de se planter pour son deuxième film. Mais ce ne fut pas le cas pour En terrains connus, un long-métrage touchant et absurde à la fois, comme seul Lafleur sait le faire ( Un homme qui vient du futur, mais juste 6 mois dans le futur!) Moi je l’aurais mis dans la catégorie meilleur scénario et  Francis La Haye dans la catégorie meilleur acteur. Mais bon, ils devront se contenter de la catégorie meilleur son, ce qui est un peu ironique quand on pense que Francis La Haye était bruiteur sur le dernier film de Lafleur. Là, au moins, il aurait été plus proche d’une nomination…

Paul Doucet: Pour son interprétation étonnante et loin de la caricature de Coco Douglas Leopold dans Funkytown,  Moi j’aurais mis Paul Doucet dans la catégorie acteur de soutien. C’est le scandale du gala à mon avis. J’espère qu’il y aura un Kanye West dans la salle pour le souligner. Je miserais par exemple sur un André Forcier pour jouer ce rôle. Mais je suis hors-sujet.

Marécages: Que c’est triste pour Guy Édoin. On dirait que la vague nouveaux réalisateurs a favorisé Anne Émond et Sébastien Pilote et qu’on avait déjà rempli le casting de la relève quand est venu le temps d’analyser son film. À défaut de pouvoir lui faire une place comme meilleur scénario ou réalisation, Moi j’aurais mis Pascale Bussières dans la catégorie meilleure actrice.

Décharge : Le film de Benoît Pilon ne se retrouve que dans la catégorie meilleur maquillage, ce qui confirme que je suis probablement la seule personne à avoir apprécié les autres qualités de ce film. Mais l’avantage de la catégorie Moi je l’aurais mis là, c’est qu’on peut être juste bien subjectif. Donc, Moi j’aurais mis Décharge au moins dans la catégorie Meilleure direction photo pour Michel La Veaux et probablement Sophie Desmarais comme meilleure actrice de soutien. C’est probablement à ses immenses yeux de biche-junkie que l’on doit la nomination meilleure maquillage.

Documentaire: Étant amateure de documentaire, je comprend le jury de cette catégorie d’avoir favorisé le travail de documentariste à temps plein qui ont habituellement moins de visibilité médiatique. Ils devaient se douter que la lumière serait complètement sur Richard Desjardins si on l’incluait dans cette catégorie. Je salue l’audace de cette décision, mais je crois tout de même que Moi j’aurais mis Trou Story en nomination et même Surviving progress.

Café de Flore: 7 nominations sont bien suffisantes pour le film de Jean-Marc Vallée, mais pour m’avoir fait pleurer toutes les larmes de mon corps à 11 h le matin dans une salle de cinéma en plein TIFF, Moi j’aurais mis Hélène Florent en nomination pour meilleur actrice de soutien.

Ceci étant dit, je me suis aussi réjouie de bien des nominations, dont celle des enfants Charles-Antoine Perreault (Une vie qui commence), Sophie Nélisse et Émilien Néron (Monsieur Lazhar). J’ai applaudi à la nomination de Madeleine Péloquin (Pour L’amour de Dieu) et celle de Sonia Vachon qui m’a fait mourrir de rire dans le Sens de l’humour. Contente aussi qu’une brillante comédie comme Starbuck se retrouve dans les catégories prestigieuses pour les bonnes raisons et non par souci d’équité (Les trois petits cochons dans la catégorie meilleur film en 2008, quelqu’un?). Et je crois sincèrement que Marécages a des chances de gagner dans son unique catégorie, meilleur son. Je sais que ça va sonner bizarre. Mais le son est VRAIMENT bon dans Marécages.

Je n’annoncerai donc pas la création d’un off Jutra et je serai comme toujours bien excitée de découvrir les gagnants le soir de mon gala préféré. D’ailleurs, Dans les yeux d’Émilie accueillera le regard de Stéphane Leclair (collègue radio-canadien avec qui je passe tous mes étés à couvrir l’actualité culturelle) sous peu pour vous faire part de nos prédictions Jutraienne, sur lesquelles on spécule depuis beaucoup trop longtemps.

Rarement eu un aussi gros regret professionnel. « Veux-tu brancher ton enregistreuse dans la console? » m’a demandé la relationniste le soir de la première de Tout ça m’assassine. Je l’ai regardé en souriant tout en lui disant que « non merci, des extraits de pièces de théâtre à la radio, c’est souvent compliqué à mettre en contexte. » Fin de la citation.

Je ne savais pas encore que je boirais les paroles des comédiens et que la soirée allait être une mine d’or de phrases fortes pouvant toutes être facilement mises en contexte. Dès la présentation en voix off d’Antoine Bertrand, j’ai compris que j’avais fait une erreur : « Derrière le gouvernement visible siège un gouvernement invisible qui ne doit pas fidélité au peuple et ne se reconnaît aucune responsabilité. Anéantir ce gouvernement invisible, détruire le lien impie qui relie les affaires corrompues avec la politique, elle-même corrompue, tel est le devoir de l’homme d’État. Citation de Theodore Roosevelt, 1906. Messieurs Harper et Charest, ce spectacle vous est dédié » a-t-il lancé avec un sourire dans la voix.

Résultat, j’ai passé la soirée à griffonner à une vitesse folle sur une vieille enveloppe Desjardins qui traînait au fond de ma sacoche. Même avec toute la volonté du monde, je ne crois pas que ces notes pourront
m’être d’une quelconque utilité.

Ladite enveloppe qui m'a servi d'enregistreuse

Et de toute façon, je n’aurai jamais assez le sens du punch d’Antoine Bertrand, la sensibilité de Sylvain Marcel ou le débit d’Alexis Martin pour rapporter leurs paroles avec autant de succès. Les poèmes de Patrice Desbiens, le texte Confession d’un cassé de Pierre Lefebvre et La Déroute de Dominic Champagne ont beau avoir été écrits dans des contextes différents, leur symbiose est totale sur la scène de la Cinquième salle de la Place des Arts.

Je me vois donc dans l’obligation de vous demander de me croire sur parole (ou sur blogue) et d’aller voir ces courtes pièces sur l’air du temps qui m’ont fait un bien fou. Ce n’est pas tous les soirs qu’on va au théâtre pour se faire parler dans le casque de façon aussi amusante, touchante et intelligente.

http://laplacedesarts.com/pda-famille/1669/tout-ca-m-assassine.fr.html

Veuillez prendre note que c’est le conflit de générations qui m’intéresse dans l’article qui suit et non le militantisme péquiste. C’est pourquoi je ne publierai que les commentaires qui se rattache à ce sujet.

Étrange: Qui s’écarte de l’ordre, de l’usage.

En ce sens, je veux bien accorder que la missive des plus «jeunes» députés du Parti Québecois est étrange. On ne dit pas, même poliment, à un aîné de se taire*. Ce n’est pas d’usage.

Mais étrange ne signifie pas injustifié à mon avis. Cette lettre, je la comprends. Je peux comprendre leur frustration de se sentir invisible à un moment où le changement semble être la saveur du jour en politique. Qui va incarner le changement si ce n’est pas la nouvelle génération? Le PQ est un vieux parti, dit-on ces jours-ci. À 35 ans, j’imagine qu’on se sent un peu jeune pour se faire traiter de vieux.

«Nous sommes la nouvelle génération de députés souverainistes. Malheureusement, bien des Québécois ne nous connaissent pas ou ne le savent pas, car les médias se tournent régulièrement vers d’anciens porte-étendards souverainistes pour commenter l’actualité politique».

À ceux qui répliquent que la place des «jeunes» viendra d’eux-mêmes, je ne suis pas tout à fait d’accord. Il faut avouer que les médias vont toujours préférer accordé de l’espace à un ancien politicien prestigieux plutôt qu’à un jeune backbancher inconnu.  Alors à eux d’en faire plus? Ils ont déjà fait campagne, ils ont été élus, ils s’impliquent en politique à un moment où le cynisme est à son apogée. C’est déjà là un grand pas. Puis une fois élu, alors qu’ils sont au bon endroit pour faire le changement, leur présence est presque invisible dans cet amas de grands titres. Plutôt que de parler du nouveau programme qu’ils ont élaboré en congrès, on parle de comment un ancien premier ministre pense qu’ils devraient agir.

François Cardinal de la Presse dit que c’est comme si de jeunes réalisateurs écrivaient à Woody Allen. Peut-être que si Woody Allen passait son temps à dire aux autres cinéastes comment faire leur travail, il se ferait poliment ramener à l’ordre lui aussi.

Si les députés signaient des lettres comme celle-ci à toutes les semaines, je serais la première à leur dire d’arrêter de pleurnicher. Mais je crois qu’il est sain de lever la main pour rappeler qu’on existe.

*Par ailleurs, je ne crois pas qu’ils veulent museler Jacques Parizeau, de ce que je comprends, ils veulent plutôt qu’il se rallie à eux «Nous sommes fiers de votre héritage et déterminés à y faire honneur, à notre façon. Nous vous demandons de nous faire confiance pour l’avenir de notre parti et de notre pays comme nous vous avons fait confiance en 1995.»

Question de pouvoir cocher la catégorie voyage de mon blogue pour la troisième fois depuis sa création, je reviens tout juste d’un séjour de 5 jours à Cancun, Mexique. La chaîne espagnole Melia recevait un groupe de médias québécois afin de propager sa bonne nouvelle: Cancun, c’est beau en titi (slogan de mon crû)! Et si vous aimez le traitement 5 étoiles, vous allez être royalement servi, trois fois plutôt qu’une.

Dès le mois novembre, la Playa del Carmen sera plus riche d’un hôtel de 859 suites, le Paradisus, qui est en cours de construction. J’ai pu visité l’impressionnant chantier muni d’un casque protecteur et de beaucoup d’imagination. Les travaux sont loin d’être terminé, mais on pouvait déjà rêver de vacances paradisiaques avec une vue magnifique sur la mer des caraïbes et les «swim-up suites» dont le balcon donnera directement dans la piscine! Conseil de pro, dans les premières semaines d’ouverture, les resorts sont habituellement beaucoup plus abordables… Envie de soleil cet automne?

Le Paradisus en devenir....

À défaut de pouvoir tester le Paradisus, j’ai séjourné aux deux autres hôtels de la chaîne Melia directement à Cancun, à seulement 20 minutes de l’aéroport. C’est là que j’ai pu visité l’un des plus beaux spas intérieurs de ma courte (mais remplie en terme de spas) vie, celui du Gran Melia.

Je sais qu’habituellement, on se base d’abord sur la qualité de la plage ou des chambres pour juger un hôtel, mais croyez-moi, si vous frappez un jour de pluie, vous serez ravis d’être au Gran Melia. Au delà de la qualité des massages, l’attention accordée à l’aromathérapie et aux milliers d’autres petits détails vaut le détour. Le YIH spa est d’ailleurs ouvert au grand public et non seulement aux clients de l’hôtel… si vous passez par là! Outre le spa, la décoration végétale fournie, l’excellente cuisine mexicaine (oubliez les burritos!) et la grandeur des suites (même la plus petite des chambres standards est spacieuse) font la renommée de l’hôtel, qui dispose aussi d’un terrain de golf 9 trous.

Le meilleur pour la fin… le coup de coeur de mon voyage, c’est la découverte du concept Me, by Melia. Il existe quatre hôtels Me en ce moment: à Barcelone, Madrid, Los Cabos et Cancun.  Nouvelle génération de tout inclus, on parle d’un hotel axé sur l’art contemporain, la musique et l’expérience unique que doit être un voyage.  Souper sur la plage, soirée cinéma dans la chambre ou dégustation de tequila, chaque client est traité comme un roi, selon ses désirs. Mini-Ibiza en devenir, le Me de Cancun est le repère idéal pour les amateurs de musique et reçoit fréquemment des DJ d’envergure internationale. Le bar Rose est simplement magnifique et se métamorphose selon l’ambiance recherchée (fashion show, mariage, etc!)

Anecdote: Mourad, le manager de l’hôtel, a grandi au Québec et compte organiser un weekend avec des DJ canadiens cet automne. Ce que j’aime du Me, c’est que l’endroit est aussi fréquenté par la faune locale qui peut venir souper à l’un des restos ou simplement passer la soirée au bar!

Autre attrait si vous passez par Cancun ou Riviera Maya : le Parc Xhe-La vaut le détour. Il s’agit d’un parc d’attraction aquatique naturel et écologique sans équivalent québécois (mon conjoint dit que c’est comme un parc Omega mais en plus le fun, mais je ne sais pas si la référence touvre vraiment un écho…). En Maya, Xhe-La veut dire eau mixte, comme la réserve écologique est située au point de rencontre de la mer et d’une rivière.

J’ai rarement vu une entreprise privée être aussi soucieuse de l’environnement! Dès notre arrivée, on nous a interdit d’utiliser notre crème solaire trop chimique qui contaminerait l’eau. Le parc fournit sa propre crème solaire écolo! Par la suite, chaque visiteur plante un arbre avant d’entreprendre sa visite.


Chaque visiteur choisit la façon dont il occupe sa journée. Il y a plusieurs sentiers pédestres sur lesquels on croise tantôt une grotte, tantôt une corde à tarzan ou juste un rocher duquel on peut se lancer à l’eau. Le snorkeling est génial et s’étend sur une longue portion de la rivière, mais les plus paresseux choisissent plutôt de se laisser porter par le courant sur une trippe.

Recommandations en vrac (utile au Mexique comme dans toutes vos autres destinations)

Si quelqu’un prend une photo de vous dans une piscine, assurez-vous que ses jambes ne flottent pas à l’avant-plan. Ça vole le show.

Photographe bien intentionné #1

Si quelqu’un rempli de bonnes intentions que vous ne connaissez pas se propose comme photographe, il se peut que le résultat ne soit pas au point.

Crédit : photographe de l'ombre (aussi connu comme photographe bien intentionné #2)

Si vous assistez à un mariage de gens riches sur la plage, il se peut par la suite que votre propre mariage ne soit jamais à la hauteur.

Photographe qui n'est pas à la hauteur de tout l'argent qui été investi 10 étages plus bas.

L’invitation était alléchante. Une compagnie théâtrale qui adapte le discours que Barack Obama a prononcé à Philadelphie le 18 mars 2008,  ce fameux discours sur les tensions raciales, le tout traduit dans la langue de la loi 101 en plus! J’étais probablement déjà conquise par l’idée avant même de voir le résultat final à l’Espace Libre. Heureusement, mes attentes ont été plus que comblées.

Pour  la petite histoire et notre faculté qui oublie, le réseau ABC a diffusé en mars 2008 des extraits d’un discours de l’ancien pasteur de Barack Obama, Jeremiah Wright, alors qu’il tenait des propos offensants sur les attentats du 11 septembre 2001. Une tempête médiatique sans issue se dessinant devant lui, Barack Obama se réfugie à Chicago pendant 5 jours avant de prononcer ce discours qu’il aurait écrit au cours de deux nuits blanches. Rest is history. Et maintenant, rest is dramaturgie.

Le metteur en scène José Pliya a eu l’idée de faire lire ce discours d’une quarantaine de minutes par un acteur, le transformant du coup en un acte théâtral. Outre la puissance du texte, la principale force De la race en Amérique, c’est qu’on ne tente à aucun moment d’imiter Barack Obama ni même de s’inspirer de son débit si caractéristique. Le texte est lu avec une sobriété exemplaire.  La narration nous permet simplement de s’attarder à l’intelligence du propos, sans flafla ni projection 3D à l’arrière, ni musique à la roi lion (*toutes allusions à la vidéo du Plan Nord n’est que fortuite!).

On se retrouve donc face à ce discours qui trace le portrait des tensions raciales, qui prend le temps  d’expliquer la colère ressentie par la communauté noire et le ressentiment des blancs qui ne sont pas responsables de l’esclavage qui a eu lieu antérieurement. Au passage, il est question de la grand-mère blanche de Barack Obama qui a déjà tenu des propos xénophobes devant lui. Tout ça dans une logique implacable, tel un avocat qui tente de faire la présentation de toutes les pièces à conviction dans un procès devant jury. Essayer de résumer ce discours est d’ailleurs un excercice périlleux que j’arrête ici.

Après la présentation De la race en Amérique, les spectateurs échangent avec le comédien Éric Delor sur le contenu du texte, mais aussi sur la résonnance qu’il a hors des États-Unis.  Comme la pièce a été présentée autant au Bénin qu’en France, vous imaginez bien que la réception du texte est différente d’une nation à l’autre. Lors de la présentation à laquelle j’ai assisté, certains ont suggéré que la tension raciale pourrait ici être remplacée par la tension linguistique. D’autres ont fait le parrallèle entre l’esclavage des noirs et la situation des première nations au Québec.

Personnellement, ce que je retiens de ce discours, c’est le triomphe de la pédagogie sur la démagogie. Le respect de l’intelligence de l’auditeur. J’admire le fait que Barack Obama ait confiance en la capacité de réfléchir de son auditoire.

Le Président des États-Unis demeure malgré tout un politicien, très habile, qui avait un objectif précis en écrivant ce discours. Mais cet «opportunisme» ne me dérange pas. Je n’attends pas un messie, juste un politicien qui respecte assez son auditoire pour oser lui parler de sujets chauds, plutôt que de les esquiver (toutes allusions à Stephen Harper n’est que fortuite).

Quant à la survie de ce texte via le théâtre, je lève mon chapeau à la compagnie La Caravelle DPI et j’espère qu’il y aura des supplémentaires. Parce qu’il ne reste plus que 4 représentations jusqu’à samedi!

———-

Je me demande si le même genre d’exercice pourrait être fait avec d’autres discours importants. Par exemple, est-ce qu’un texte de René Lévesque pourrait ainsi être repris? Je trouve qu’il y a là un filon de théâtre documentaire très intéressant.

De tous les articles que j’ai publié ici, celui-ci est le plus vrai. Le plus proche de moi. #NOT

Est-ce moi ou la phrase : «c’est le ________ (choisir le mot : disque, livre, film, bottin téléphonique) qui me ressemble le plus de toute ma carrière» est vraiment de plus en plus dure à avaler?

Quand j’entends un artiste (dans toute sa bonne foi) dire cela, je ne peux m’empêcher de penser à une réclame publicitaire : «Ce détergent lave plus blanc que blanc, encore mieux que l’original.» OK, alors quand j’achetais ta marque avant, je me faisais avoir?!?

Je suis très heureuse qu’un artiste assume son produit et soit fier de le présenter. Mais si tu es capable de me dire que cette fois-ci c’est ton meilleur disque, j’aurais aimé que tu aies eu le guts de me dire lors du lancement de ton dernier album que tu n’étais pas vraiment sûr que c’était une oeuvre à ton image. Que tu doutais d’avoir un bon disque entre les mains. Malheureusement, il y a bien des chances qu’à ce moment, tu (toujours toi l’Artiste en général) m’aies plutôt dit que c’était «l’album de la maturité» et que tu en étais très fier.

Je comprends que chaque artiste doit jouer le jeu du battage médiatique pré-lancement et qu’il faut parfois se butter aux questions répétitives des journalistes. Mais un peu moins de langue de bois serait vraiment bienvenu.

Je pense à un Fred Pellerin qui est toujours authentique dans ses réponses et qui a réussi à vendre 131 000 copies de son album.

J’espère sincèrement qu’il ne me dira pas que son prochain album (attendu cet automne) est celui qui lui ressemble le plus. Ce n’est pas son genre de pléonasme.

Petit souvenir au lancement de Silence de Fred Pellerin

Quand tu reçois une convocation de presse pour un événement réunissant Robert Charlebois, Gilles Vigneault et Yvon Deschamps, disons que tu t’arranges pour trouver le temps d’y aller. C’est ce que j’ai fait ce matin, entre deux textes pour le Voir et la préparation de ma chronique pour Dutrizac. Partant un peu à la pêche, je me suis dit que je pourrais réaliser une ou deux entrevues pour l’émission du weekend à la radio.

Le prétexte : souligner les 35 ans du spectacle 1 fois 5. Le contexte: quelques jours après l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire et de la défaite du Bloc (dans cet ordre ou l’inverse). Vous imaginez bien que je ne suis pas la seule journaliste qui a fait le lien entre la présence de ces souverainistes notoires et le passage de la province sous des cieux plus orangés.

Et puis M. Vigneault comment vous sentez-vous en ce lendemain d’élection? «Je vais très bien, beaucoup mieux que certains députés élus et je vais encore mieux que certains députés battus. »

Et vous M. Deschamps? «Je ne suis pas bouleversé par des élections. Les choses arrivent et on doit faire avec.»

Et vous M. Charlebois «Je ne parle pas de politique avec les journalistes, j’ai été trop mal cité souvent» (Promis, ce sont ses paroles intégrales)

Hmmmm. Je veux pas être morose, mais ça sentait un brin le cynisme.  Malgré leur évident déplaisir à parler de la chose, j’ai demandé comment ils expliquaient le silence des artistes dans cette campagne. C’est Yvon Deschamps qui a sorti le morceau:

«Je ne devrais peut-être pas dire ça, mais je vais le dire pareil. Les artistes n’ont pas parlé parce qu’ils sont en général souverainistes et on sentait tous que c’était la fin du Bloc, alors tout le monde s’est fermé la boîte. C’est terrible mais il était temps qu’on passe à autre chose. La souveraineté va se faire à Québec. Regardez-moi, je suis un souverainiste, mais j’ai pas voté pour le Bloc. C’est clair, donc j’étais pas tout seul»

Monsieur Charlebois, qui ne parle pas politique avec les journalistes qui le citent mal, m’a quand même dit : «J’ai déjà été appelé par des politiciens pour aller parader avec eux et j’ai dit non. Aucun artiste, aucun joueur de hockey ne devrait le faire. Ce serait prétentieux de prétendre que sous prétexte que je vais me pointer à côté d’un autre, tous les gens qui m’aiment vont voter comme moi. C’est de la prétention.»

Quand à Gilles Vigneault, il a ajouté ces sages paroles : « C’est toujours compliqué de se prononcer en politique, ce l’est encore plus quand on a gagné que lorsqu’on a perdu. Et il ne faut pas oublier que se prononcer après, c’est facile. C’est se prononcer pendant qui est de l’ouvrage.»

Il a conclu dans un éclat de rire : «C’est très amusant de voir tous les journaux anglophones dire que le mouvent souverainiste est terminé maintenant. Ça c’est intéressant!»

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Voilà, c’est l’essentiel de ce que j’avais envie de vous partager. Je dois dire qu’il y a aussi une certaine lassitude qui m’habitait à la fin de ce point de presse, mais ça fera l’objet d’un autre texte. Faut parfois laisser les idées se placer par elle-même.

«Puis, tu lui donnes combien sur 10? » Si je réponds maintenant, quelles sont les chances que vous vous rendiez au bout de l’article? Bon, il y a toujours l’option de faire défiler la page jusqu’en bas pour connaître la réponse.  Mais sincèrement, on ne résume pas deux heures de pure excentricité en un chiffre. Bien pas moi en tout cas!

Je l’ai trouvée intense et sincère. Lady Gaga ne rit pas de ses fans. Elle a beau les faire patienter jusqu’à 22h05 («on aurait eu le temps de jouer la game contre les Bruins» me fait remarquer un twitteux) une fois sur scène, elle ne lésine pas sur la mise en scène pour s’assurer qu’on reparte avec une idée en tête : c’est ELLE la queen du pop! Son Monster Ball comporte 4 tableaux dans la ville, le métro, la forêt et le bal du monstre en soit. La constance n’est pas toujours au rendez-vous mais l’intention compte pour beaucoup. On a tendance à l’oublier, mais celle qui se déchaîne sur scène n’a que 25 ans et surtout, à peine 3 ans de métier  dans le corps sous le pseudo Lady Gaga (6 ans, si on compte ses débuts en 2005 dixit Richard Legault).

À un mois de la sortie de son nouvel album, elle nous a martelé plus que jamais la thématique Born this way, en s’emportant dans de longs discours sur l’importance d’être soi, libre et bien dans sa peau. Si certains passages frisent la caricature d’un preacher gospel qui tente de nous faire crier Amen, le fond du message est tout à fait louable.

Les costumes de Lady Gaga feront certainement un jour l’objet d’une exposition muséale, mais d’ici là retenons :

La soeur volante

La relecture du petit chaperon rouge

Lady Gaga ensanglantée une bonne partie du spectacle

Mon fantasme: Lady Gaga habillée par Helmer, designer québécois qui lui irait à ravir!

Le meilleur numéro de la soirée est à mon avis celui de  You and I, une chanson que l’on retrouvera sur son prochain album. Le piano de Gaga était en feu (sans métaphore) et Lady s’est permis quelques accords à coups de talons hauts sur les notes du piano, jumelé à quelques grattements de guitare de l’autre botte.  Que j’en voie un me dire que Madonna l’a déjà fait!!!

À noter aussi les performances sur Telephone, Bad romance et la finale qui est en fait une version scénique du vidéoclip Born this way.  Les abonnés de HBO pourront voir une captation de ce spectacle au Madison Square Garden le 7 mai prochain à 20h.

PS. 8,5/10. Parce que j’ai trop hâte de voir son spectacle 10/10. Et elle est en bonne voie d’y parvenir!

On peut détester leur équipe de hockey et entretenir le cliché de «ville plate» tant qu’on veut, il faut reconnaître qu’au niveau de la diffusion du cinéma, Toronto jouit d’une réputation impeccable! Ce n’est pas par hasard que Tim Burton y entrepose le tiers de sa collection privé pour les cinq prochains mois. L’équipe du Festival International du Film de Toronto y est pour beaucoup. Elle reçoit l’impressionnante exposition du MOMA jusqu’au mois d’avril dans son tout nouveau quartier général, le TIFF Bell Lightbox.

J’ai eu la chance de voir l’exposition en avant-première et de rencontrer le réalisateur de Edward Scissorhands dans le cadre des Rendez-vous ARTV. Dire que j’ai été ravie est un euphémisme. L’exposition recèle de dessins inédits et d’artefacts tirés de la dizaine de films de Tim Burton, en plus de 7 nouvelles pièces d’art qu’il a conçues spécialement pour l’occasion. Parmi les trouvailles qui m’ont marquées, une lettre dactylographiée datant de 1976. Il s’agit des commentaires d’une productrice de Walt Disney sur un scénario dessiné par Tim, alors âgé de 18 ans. Elle reconnaît son talent artistique, tout en lui expliquant l’échec marketing de telles histoires. Rest is history !

Edward Scissorhands

La poésie et l’humour naïf de Tim Burton est aussi à l’honneur à travers son recueil  The Melancholy death of  Oyster boy et les jouets tragiques qui en sont issus. Et à la sortie, il ne faut surtout pas rater sa version inédite complètement flyée d’Hansel et Gretel, réalisée en 1982.

Untitled (The Melancholy Death of Oyster Boy and Other Stories)

Parrallèlement à l’exposition, le TIFF Bell Lightbox présente une rétrospective des films de Tim Burton en programme double avec un film qui a inspiré le réalisateur. Par exemple, Nightmare before Christmas est précédé de Nosferatu, Beetlejuice est jumelé à 8 1/2 de Fellini, etc.

Pour ce qui est de l’homme, sa gentillesse est à la hauteur de son génie créatif. Il s’est prêté au jeu de l’entrevue avec patience et a répondu aux questions avec un réel intérêt. Il s’est même informé de la survie du FFM! Le résultat sera en ligne bientôt…

En attendant, je vous invite fortement à planifier une visite dans la Ville-Reine d’ici le mois d’avril, quitte à en profiter pour aller haïr leur équipe de hockey live!

http://tiff.net/shows/timburton

La Chine. Seule. 16 jours.  Shangai, Suzhou, Hangzhou et Beijing.

Ni Hao. Xiexie.

Pour votre information, les deux dernier termes ne sont pas des villes. Seulement les mots avec lesquels je me suis exprimé pendant ces deux semaines loin de la maison et de Twitter. Cet économie de langage imposée explique peut-être ma difficulté à décrire correctement le coup de foudre que j’ai éprouvé pour un pays dont je ne connaissais à peu près rien, le pâté chinois étant après tout une invention canadienne.

On m’avait dit que les Chinois n’étaient pas chaleureux. On m’avait prévenu qu’ils avaient cette sale manie de cracher. On m’avait parler de ce smog persistant. Et pourtant, ce fut le plus beau blind date de ma vie. On dit que le coeur a ses raisons que la raison ignore, voici les miennes.

  • On ne peut pas la voir de la Lune, mais de près, je vous assure que c’est une des choses les plus impressionnantes. Appaisante.

La Grande Muraille

Ils n’ont pas l’eau potable mais ils auront Louis Vutton. Fascinant.

Rue commerciale, Hangzhou

  • Beijing à moto. Meilleur moyen de vivre au rythme fourmillant de la ville. Grisant. Presque aussi thrillant que de traverser la rue à pied entre les voitures et les vélos.
  • Être analphabète, le meilleur des dépaysement.

Billet d'autobus Suzhou-Hangzhou

Propagande tellement naïve que ça en est touchant.

Dans la vitrine d'un commerce à Beijing

  • Probablement un fan de ma chronique à Dutrizac l’après-midi.

Touriste chinois à l'Expo

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